Choisir un disjoncteur basse tension (BT) ne s’improvise pas. Un mauvais choix expose l’installation aux surcharges et aux courts-circuits. Il compromet aussi la sécurité des personnes. Cet article vous guide pas à pas.
Vous découvrirez les critères essentiels : le calibre, le pouvoir de coupure, la courbe de déclenchement et la norme NF C 15-100. Dès la fin de cette lecture, vous saurez sélectionner le bon disjoncteur. C’est aussi un gain de temps et d’argent.

Ici, on parle d’installations résidentielles, commerciales et industrielles. Vous trouverez aussi des tableaux pratiques et des exemples concrets.
Qu’est-ce qu’un disjoncteur basse tension ?
Un disjoncteur est un appareil mécanique de connexion. Il établit, supporte et interrompt le courant dans un circuit. C’est la définition la plus simple.
Son rôle principal : protéger les circuits contre deux défauts.
- La surcharge : un courant excessif mais durable.
- Le court-circuit : un courant très intense mais bref.
Pour cela, le disjoncteur embarque un déclencheur appelé magnéto-thermique. Il en existe deux parties.
- Le déclencheur thermique : une bilame se déforme sous l’échauffement. Il protège contre les surcharges.
- Le déclencheur magnétique : un noyau agit presque instantanément. Il protège contre les courts-circuits.
Certains disjoncteurs industriels utilisent des déclencheurs électroniques. Ils offrent plus de précision. En effet, leurs seuils sont réglables.
En bref, le disjoncteur coupe le courant au moindre danger. Il protège les câbles, les appareils et les personnes.
À noter : un disjoncteur n’agit pas seul. D’abord, il doit être coordonné avec les autres protections. Ensuite, ses caractéristiques doivent s’accorder avec le circuit.
Les 5 critères essentiels pour choisir un disjoncteur
Pour bien choisir un disjoncteur, examinez cinq paramètres. Chacun joue un rôle précis. Voici la liste.
- Le calibre (In) : l’intensité nominale en ampères.
- Le pouvoir de coupure (Icu) : l’intensité maximale de coupure en kA.
- La courbe de déclenchement : B, C, D selon la charge.
- Le nombre de pôles : 1P, 1P+N, 2P, 3P, 3P+N et 4P.
- La tension et les normes : NF EN 60898 ou NF EN 60947.
Examinons chacun en détail.
1. Le calibre (In) : l’intensité nominale
Le calibre indique le courant maximal continu que le disjoncteur accepte. On le note In et on l’exprime en ampères.
Pour le déterminer, calculez l’intensité totale du circuit.
La formule est simple.
Intensité (A) = Puissance totale (W) ÷ Tension (V)
Exemple concret : une prise de 3 680 W sous 230 V.
- 3 680 ÷ 230 = 16 A.
- C’est pourquoi un disjoncteur de 16 A protège ce circuit.
Choisissez toujours un calibre légèrement supérieur à l’intensité calculée. Cette marge de sécurité évite les déclenchements intempestifs.
Ensuite, vérifiez la section des câbles. Le disjoncteur protège aussi les conducteurs. Ainsi, chaque calibre correspond à une section minimale.
| Calibre (In) | Section minimale des conducteurs |
|---|---|
| 10 A | 1,5 mm² |
| 16 A | 1,5 mm² |
| 20 A | 2,5 mm² |
| 25 A | 2,5 mm² |
| 32 A | 6 mm² |
| 40 A | 10 mm² |
| 50 A | 10 mm² |
Ne jamais associer un gros disjoncteur à un petit câble. En effet, le câble chaufferait sans se protéger. Cela crée un risque d’incendie.
2. Le pouvoir de coupure (Icu)
Le pouvoir de coupure indique le courant de court-circuit maximal que le disjoncteur interrompt. On le note Icu et on l’exprime en kA.
Il doit toujours être supérieur au courant de court-circuit du point d’installation. On calcule ce courant via une étude de court-circuit.
- Installation résidentielle : 3 kA à 6 kA suffisent souvent.
- Installation tertiaire : 10 kA à 15 kA.
- Installation industrielle : 25 kA à 50 kA ou plus.
Si Icc dépasse Icu, le disjoncteur ne coupe pas correctement. De ce fait, les conducteurs subissent des échauffements. Des efforts électrodynamiques dangereux apparaissent aussi.
Conseil pro : mesurez le courant de court-circuit présumé (Icc) à chaque niveau du tableau. Ensuite, choisissez un pouvoir de coupure supérieur.
3. La courbe de déclenchement : B, C, D
La courbe définit le seuil de déclenchement magnétique. Elle traduit la sensibilité du disjoncteur. Trois courbes principales existent en BT.
- Courbe B : déclenchement entre 3 et 5 fois In. Elle protège les longs câbles et les circuits résistifs.
- Courbe C : déclenchement entre 5 et 10 fois In. Elle convient à la plupart des usages domestiques.
- Courbe D : déclenchement entre 10 et 14 fois In. Elle accepte les forts appels de courant. Idéale pour les moteurs industriels.
Voici un schéma de lecture rapide.
| Courbe | Déclenchement magnétique | Usage typique |
|---|---|---|
| B | 3 à 5 × In | Câbles longs, éclairage |
| C | 5 à 10 × In | Prises, électroménager |
| D | 10 à 14 × In | Moteurs, transformateurs |
Pour choisir, analysez la nature de la charge. Une charge à fort appel de courant exige une courbe D. En revanche, un circuit d’éclairage se contente d’une courbe B ou C.
Astuce : la plupart des disjoncteurs modulaires résidentiels utilisent la courbe C. C’est un choix universel par défaut.
4. Le nombre de pôles
Le disjoncteur coupe un ou plusieurs conducteurs actifs. Le nombre de pôles dépend du circuit.
- 1P (unipolaire) : protège uniquement la phase.
- 1P+N : coupe phase et neutre ensemble.
- 2P (bipolaire) : protège la phase et le neutre.
- 3P (tripolaire) : coupe les trois phases.
- 4P (tétrapolaire) : coupe les trois phases et le neutre.
D’abord, identifiez le type de réseau. Ensuite, choisissez le nombre de pôles adapté.
Un circuit monophasé avec neutre exige souvent un 1P+N. Certaines applications imposent un bipolaire. Par exemple, la protection de circuits sensibles.
En triphasé industriel, les disjoncteurs 3P ou 4P dominent. Ils protègent les motorisations et les équipements de production.
5. La tension et les normes
Chaque disjoncteur porte une tension nominale. Elle doit correspondre au réseau. En Algérie, le réseau basse tension est en 230 V monophasé et 400 V triphasé.
Les normes définissent aussi deux grandes familles.
- NF EN 60898 : les disjoncteurs modulaires domestiques. Ils vont de 2 A à 125 A.
- NF EN 60947-2 : les disjoncteurs industriels. Ils vont de 160 A à 6 300 A.
La norme industrielle couvre des appareils plus robustes. Elle impose des essais plus sévères. De ce fait, les disjoncteurs 60947 conviennent aux environnements exigeants.
À retenir : plus l’installation est puissante, plus la norme évolue. Le bon choix dépend du terrain.
Choisir un disjoncteur selon la NF C 15-100
La norme NF C 15-100 fixe les règles de conception françaises. Elle sert aussi de référence dans de nombreux pays francophones. D’abord, elle impose un disjoncteur par circuit. Ensuite, elle précise le calibre et la section de chaque départ.
Voici le tableau des protections par circuit pour un logement ou un local tertiaire.
| Circuit | Section | Calibre | Règles |
|---|---|---|---|
| Éclairage | 1,5 mm² | 16 A | 8 points lumineux maxi par circuit |
| Prises 2P+T (usage général) | 1,5 mm² | 16 A | 8 prises maxi par circuit |
| Prises 2P+T (usage général) | 2,5 mm² | 20 A | 12 prises maxi par circuit |
| Cuisine (prisess spécialisées) | 2,5 mm² | 20 A | 6 prises maxi |
| Volets roulants | 1,5 mm² | 16 A | Minimum 1 circuit dédié |
| Chauffage électrique | 2,5 mm² | 20 A | 1 circuit dédié par tranche de 4 500 W |
| Lave-linge, lave-vaisselle… | 2,5 mm² | 20 A | 1 appareil par circuit |
| Plaques de cuisson | 6 mm² | 32 A | 1 circuit dédié |
| Véhicule électrique | 2,5 mm² à 10 mm² | 20 A à 40 A | Protection différentielle de type F obligatoire |
Respectez ces règles à la lettre. Elles garantissent une installation conforme et sûre.
Important : en cas de rénovation complète ou de remplacement de tableau, la NF C 15-100 devient obligatoire. Pensez-y avant vos travaux.
La protection différentielle : les personnes d’abord
Le disjoncteur magnéto-thermique protège les circuits. Néanmoins, il ne détecte pas les fuites de courant. Pour protéger les personnes, ajoutez un interrupteur différentiel.
Cet appareil compare le courant aller et le courant retour. Si la différence dépasse le seuil, il coupe. Ce déséquilibre indique une fuite dangereuse.
Trois types de courants de défaut existent.
- Type AC : ne détecte que les courants alternatifs.
- Type A : détecte les courants alternatifs et pulsés.
- Type F : détecte aussi les courants haute fréquence.
- Type B : détecte tous les courants, y compris continus.
La sensibilité standard est de 30 mA. C’est le seuil qui protège efficacement une personne.
Selon la NF C 15-100, chaque logement compte au moins deux interrupteurs différentiels de 30 mA. D’une part, un interrupteur de type A. D’autre part, un interrupteur de type AC ou A.
Circuits obligatoirement sur type A :
- plaques de cuisson.
- Prise véhicule électrique.
- Lave-linge.
Circuits sur type A ou AC :
- éclairage.
- Prises de courant.
- Four, réfrigérateur, convecteurs.
Astuce : au maximum 8 disjoncteurs divisionnaires s’installent derrière un même interrupteur différentiel.
Disjoncteur différentiel ou interrupteur différentiel ?
La différence est simple à saisir.
- L’interrupteur différentiel ne protège que contre les fuites. Il faut donc un disjoncteur en aval.
- Le disjoncteur différentiel combine les deux. Il protège contre les fuites, les surcharges et les courts-circuits.
Pour un circuit dédié, préférez le disjoncteur différentiel. Pour un groupe de circuits, utilisez l’interrupteur différentiel en amont.
La coordination des protections : la sélectivité
Dans une installation complexe, plusieurs disjoncteurs s’empilent. Leur coordination s’appelle la sélectivité.
Le principe : un défaut ne doit faire sauter que le disjoncteur en amont immédiat. Toutes les autres parties continuent de fonctionner. C’est vital pour la continuité de service.
Deux méthodes principales existent.
- La sélectivité ampèremétrique : on joue sur les calibres. Le courant de déclenchement diffère entre amont et aval.
- La sélectivité chronométrique : on joue sur les temps. Le disjoncteur amont déclenche avec un retard réglé.
Sélectivité ampèremétrique
Cette méthode repose sur l’écart des calibres. Plus l’écart est grand, plus la sélectivité est bonne.
Un disjoncteur aval de 16 A et un amont de 100 A s’accordent bien. En cas de défaut, seul le 16 A ouvre. La sélectivité est totale en dessous d’un seuil.
Sélectivité chronométrique
Cette méthode utilise des déclencheurs à court retard. Ces appareils offrent plusieurs crans de retard.
Chaque disjoncteur temporise son ouverture. En premier lieu, l’aval agit presque instantanément. Ensuite, l’amont ouvre si le défaut persiste.
Conseil : pour les TGBT et les départs industriels, faites réaliser une étude de sélectivité. Senia Électrique propose ce service avec Schneider Electric.
Le disjoncteur limiteur
Certains disjoncteurs limitent le courant de défaut. Ils coupent avant le pic maximal. C’est un avantage considérable.
En effet, le courant de court-circuit présumé se réduit très vite. Par conséquent, les contraintes thermiques sur les câbles diminuent. Les matériels en aval travaillent dans de meilleures conditions.
Disjoncteur modulaire ou industriel ?
Tout dépend de l’application. Comparons les deux familles.
Le disjoncteur modulaire :
- Se monte sur rail DIN.
- Utilise un déclencheur magnéto-thermique fixe.
- Convient au résidentiel et au tertiaire.
- Respecte la norme NF EN 60898.
Le disjoncteur industriel :
- Se monte dans une armoire ou un TGBT.
- Utilise un déclencheur réglable ou électronique.
- Supporte de très fortes intensités.
- Respecte la norme NF EN 60947-2.
Pour les très gros calibres, les disjoncteurs industriels dominent. Ils offrent des réglages fins. Par exemple, le seuil Ir se règle entre 0,4 et 1 fois In. Le seuil Im se règle jusqu’à 15 fois Ir.
D’abord, listez vos besoins. Ensuite, choisissez la famille adaptée. Ne mélangez jamais sans étude.
Les erreurs courantes à éviter
Voici les pièges les plus fréquents.
- Choisir un calibre trop fort ou trop faible.
- Négliger le pouvoir de coupure face au court-circuit.
- Utiliser une section de câble inadaptée.
- Ignorer la courbe de déclenchement.
- Oublier la protection différentielle.
- Empiler les disjoncteurs sans sélectivité.
- Confondre interrupteur et disjoncteur différentiel.
Chaque erreur affaiblit la sécurité. En conclusion, prenez le temps de bien étudier.
En conclusion : choisir un disjoncteur en 4 étapes
Récapitulons la méthode complète.
- Calculez l’intensité nominale du circuit.
- Vérifiez la section des conducteurs.
- Choisissez la courbe selon la charge.
- Contrôlez le pouvoir de coupure face à l’Icc.
Ensuite, ajoutez la protection différentielle adaptée. Enfin, vérifiez la sélectivité avec les protections amont.
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Prenez soin de votre installation. Un bon disjoncteur protège des vies et des équipements. Choisissez toujours la qualité. Votre sécurité en dépend.
Références techniques : norme NF C 15-100 (guide Legrand), normes NF EN 60898 et NF EN 60947-2, cours technique sur le choix des disjoncteurs basse tension.
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A9V61440 Bloc différentiel 4P A9V61440 Schneider Electric19.051,51DZD -
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